DES PAYSEMENTS

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(2005 – 2011)

Photographies argentiques en noir & blanc, formats divers : 80 x 120 cm, 40 x 50 cm, 24 x 30 cm.
Série composée de 7 chapitres :
DES PAYSEMENTS #1: La Paz, 2005 ; DES PAYSEMENTS #2: Beijing – Shanghaï, 2006 ; DES PAYSEMENTS #3: Saint-Pétersbourg, 2008 ;
DES PAYSEMENTS #4: Slavonie, 2008 ; DES PAYSEMENTS #5: Mayotte, 2008 ; DES PAYSEMENTS #6: Hong-Kong, 2009 ;
DES PAYSEMENTS #7: Paris – Beirut, 2010.
DES PAYSEMENTS est une exploration esthétique et sensorielle sur la photographie de voyage, sur la sensation d’être étranger au monde, sur cet état du voyageur pour qui le regard porté sur chacun de ces territoires est neuf, inédit. Chaque territoire (La Paz, Beijing et Shanghaï, St Petersburg, la Slavonie, Mayotte, HongKong, un trajet entre Paris et Beirut via la Turquie, l’Arménie, la Syrie et le Liban) découvert – toujours pour la première fois – est appréhendé comme un chapitre à part entière de cette série: à chaque voyage, son propre mode d’être au monde.
Ce sont des paysages qui sont uniquement traversés (il n’y est jamais question d’immersion): inconnus, entre aperçus, non appropriés, et déjà passés. Les photographies sont faites le plus souvent dans ce mouvement incessant, dans cette temporalité de l’immédiateté propre au voyage. De cette vision chaotique de territoires insaisissables découle une succession d’images qui sont ainsi les instantanés de cette première impression, brute et directe.
Par la déconstruction de l’image qu’il opère, l’appareil lomographique (appareil – jouet muni de quatre objectifs) s’est imposé comme le moyen photographique privilégié afin de retranscrire ces différentes sensations. Sa maniabilité, qui permet d’être toujours dans l’instant et le mouvement, induit un rapport immédiatement physique de retranscription. Il propose également une séquence fragmentée d’images qui s’intercale entre l’unicité de l’image photographique et le défilement cinématographique – ce n’est plus 24 images par seconde, mais 4 images sur 2 secondes. Le regroupement des quatre images en une seule joue sur la répétition, l’étirement spatial et temporel d’un même motif, comme une pause, ou au contraire sur la confrontation: les accidents, la déconstruction, la reconstruction.
Comme en un long travelling horizontal, les séries se construisent sur le rythme accidenté d’une image chassant l’autre.