JOURNAL PHOTOGRAPHIQUE EN CINÉMASCOPE

2010 - en cours

LE CONQUÉRANT

Journal photographique en Cinémascope #4

2014 - 2016

Photographies argentiques, tirages lambda, nombre et formats divers.

Le Conquérant est le quatrième volet d’un Journal photographique en Cinémascope, work in progress réalisé quotidiennement avec un appareil jouet (un « faux panoramique ») entamé en 2009. Son cadre élargi, ouvert à l’espace, construit une scène permettant d’accueillir l’étirement du temps propre à l’instantané photographique. Les bandes noires horizontales donnent à l’image un format proche du Cinémascope, qui contribue à la faire dériver vers la fiction, tout comme le grain de l’argentique, les couleurs saturées et ces entrées de lumières imprévues aux rouges explosifs, qui zèbrent l’image, et qui disent aussi les accidents, les imprévus, les hasards, l'imprévu. Bien qu’indépendants puisque tournant chacun autour d’un sujet précis, les différents chapitres qui composent ce Journal se font suite chronologiquement et s’interpénètrent.

Le Conquérant est le récit d'un enfant qui fait sa place dans le monde.

LANDED

Journal photographique en Cinémascope #3

2012 - 2014

Photographies argentiques, tirages lambda, nombre et formats divers.

Landed témoigne de l’expérience nouvelle de la paternité. A l’orée du conte, il porte son regard sur l’univers primitif de la petite enfance, sur l’enfant comme un être de pulsions, faisant corps avec le paysage.

LE VOYAGE INCERTAIN

Journal photographique en Cinémascope #2

2010 - 2013

Photographies argentiques, nombre et formats divers.

En 2010, je suis parti de Paris avec ma compagne pour rejoindre Beyrouth par les transports en commun. Pendant quatre mois, nous avons traversé l’Italie, la Grèce, la Turquie, la Géorgie, l’Arménie, la Syrie et le Liban. Cette longue traversée d’Ouest en Est, vécue à deux, s’est accompagnée d’un cheminement amoureux, d’une reconquête amoureuse. M’éloignant volontairement de la chronologie ou de la description documentaire, mélangeant les géographies des pays traversés, les images tissent leurs propres réseaux de liens, et, débarrassées de leur rapport immédiat au réel, s’échappent pour emprunter et incarner les figures, les signes scénarisant le déroulement d’une possible fiction : il y a la route, les traversées et l’attente, la station-service au milieu du désert, des passants et des silhouettes récurrentes, des villes fantomatiques et des paysages nébuleux.

Le Voyage incertain est le récit de ce temps « en dehors » aux contours troubles et aux lumières hasardeuses, parfois apaisées, enfin lumineuses.

« Cette série très « cinématographique » exprime la puissance suggestive de l’image, la manière dont nous pouvons réactiver des sensations par la simple vision d’une image. Chacue photographie évoque, de manière différente, une forme de sensualité, une histoire de sens. Il y a ces deux personnes se tenant la main, évoquant tout à la fois une complicité, les vacances ou le voyage lointain, l’ombre bienfaisante quan le soleil est de plomb. Il y a cette route traversant un paysage aride, on croirait sentir la chaleur etouffante, le goudron brulant. Et puis ces jambes nues au bord de l’eau. Concentrons nous un peu sur l’image et nous aurons bientôt sous les pieds la sensation des algues mouillées et de la fraicheur apaisante … »
Texte de Marie Deparis-Yafil, commissaire de l’exposition « L’Empire des Sens », ARCA #1, Les Arches, Issy-les-Moulineaux, 2013.

LES TEMPS CALMES

Journal photographique en Cinémascope #1

2009 - 2010

Photographies argentiques, nombre et formats divers (30x 45 cm, 20x 30 cm).
Diaporama sonore de 71 photographies, 11 minutes, musique de Thomas Fernier.

« Il me manque des bouts d’enfance, qui deviennent des bouts de vie parce qu’ils grandissent en même temps que moi. Mes rêves sont des villes retournées. »
Nina Bouraoui, « Avant les hommes » (Stock, Paris, 2007)

Les Temps calmes se compose de juxtapositions de séquences issues du quotidien, au gré des allers retours entre Bretagne et Ile de France journal photographique réalisé sur 1 an (entre l’hiver 2008-2009 et le printemps 2010), comme un recueil de temps en retraits, vacants, de petites contemplations partagées. Ces photographies ont été réalisées avec un appareil jouet panoramique dont le cadre élargi, ouvert à l’espace, est apparu comme un juste moyen d’accueillir et d’enserrer l’étirement du temps propre à l’instantanéité photographique.

Ces images sont aussi, parfois, de faux calmes, comme l’on parle des faux plats sur la surface apparemment lisse de la mer et qui, pourtant, n’est que trouées et mouvements ascendants, descendants: des heurts illustrés par ces brûlures ardentes qui viennent parfois effleurer, zébrer l’image. Car, en filigrane, au travers de ces multiples séquences d’apparence décousues, revient un fil conducteur, sujet même de cette série : le récit de la fin de l’enfance.

« Cela évoque un format cinémascope, mais celui d’un cinéma immobile (qui évoque fortement le «cinéma fixe» cher à Bernard Plossu), puisque photographique, coloré donc et légèrement tremblé, obtenu grâce à un appareil-jouet, un faux panoramique 24 x 36 cm. Eric Bouttier évoque avec beaucoup de douceur et de sensibilité la fin de l’enfance. Une enfance remémorée, celle d’une lente déambulation dans les lieux où il vécut en Bretagne. « Les Temps calmes » : si sont nécessaires les images qui «dénoncent», le sont aussi, à l’inverse, celles qui «consolent» pour paraphraser Robert Adams (cf son Essai sur le beau en photographie, éditions Fanlac, 1996) ou apaisent  ».
Texte de Yannick Vigouroux "Les Temps calmes d'Eric Bouttier, ou le cinéma fixe de la mémoire", publié en novembre 2010 sur le blog FOTOPOVERA, des pratiques alternatives :  http://fotopoveradespratiquesalternatives.blogspot.fr